Les escroqueries bancaires ont presque doublé en 4 ans en France

Moi qui vous faisait les louanges des achats via internet dans un précédent article, voilà une information qui ne va pas dans mon sens.

Je ne recommande pas le paiement par carte bancaire en dehors de la France. La solution Paypal est solution intéressante pour des achats sécurisés à l’étranger. J’ai eu une ou deux fois à ouvrir des litiges sérieux avec des vendeurs chinois (donc des gens coriaces en affaire) dont un qui ajoutait des frais de port après l’autorisation Paypal. L’initiative n’a pas plu à Paypal qui m’a indemnisé immédiatement à la suite à mon signalement et à mis en garde le fournisseur.

Les "arnaqués" sont-il vraiment de bonne foi ? C’est la question que l’on peut se poser. Par défaut avec Paypal, c’est l’acheteur qui a raison et cela peut induire des dérives de la part d’acheteurs peu scrupuleux dénonçant des colis jamais arrivés et se fournissant gratuitement sur le dos de vendeurs de bonne foi.

Concernant, la fraude à la carte bancaire, si l’adresse de livraison diffère de l’adresse du titulaire mais est celle d’un complice "itinérant", que la commande a été passé depuis un point Wifi d’un Mac Do et que le site attaqué sécurise mal ses transactions (absence de confirmation par SMS par exemple), le doute subsistera et il sera bien difficile de confondre l’arnaqueur et son complice.

Et les banques comment se fait-il qu’elles ne réagissent pas plus que cela ? Peut-être n’ont elles pas toujours de solution miracle pour mieux sécuriser et rentrent la tête en espérant que les différentes arnaques ne s’ébruitent pas. Les banques ne pouvant jamais perdre de l’argent, les pertes sont payées solidairement par les clients et les commerçants à travers la cotisation annuelle de la carte bancaire et le prélèvement de commissions non négligeables sur chaque transaction.

Souvenons-nous qu’en 2000, Serge Humpich avait dénoncé publiquement une faille béante sur les cartes bancaires. Plutôt que de traiter de la question directement avec lui et de travailler activement sur le colmatage de la faille, elles ont préféré le faire taire en le mettant en prison. Manque de pot, d’autres filous plus discrets ont commencé la production en masse de ces Yes Card qui permettaient de servir en carburant à gogo dans les stations service et autres distributeurs qui ne pratiquaient pas la vérification en temps réel sur une serveur centralisé de la validité des cartes bancaires présentées.


Les escroqueries bancaires ont presque doublé en 4 ans en France

Reuters le 1er septembre 2015

PARIS (Reuters) - Les escroqueries bancaires visant les foyers français ont presque doublé en quatre ans mais les montants restent faibles, selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée mardi.

Le nombre des ménages touchés est passé de 501.000 en 2010 à 840.000 en 2013, soit une hausse de 67%, précise l’organisme.

Pour la moitié d’entre eux, le préjudice est inférieur à 240 euros mais pour 17%, la somme est supérieure à 1.000 euros.

L’enquête montre aussi qu’en 2013, près de 3% des foyers français avaient déjà été victimes de débits frauduleux.

Près des deux tiers des victimes avouent ne pas connaître le mode opératoire employé par les auteurs de l’infraction. Mais avec la multiplication de la consultation des relevés en ligne, 67% découvrent elles-mêmes la fraude.

Pour l’ONDRP, la principale raison de l’augmentation des escroqueries bancaires est le développement du e-commerce puisque 34% des cas constatés ont suivi un achat en ligne où les clients ont tendance à négliger la sécurité.

Près de 60% des débits frauduleux ont servi à procéder à des achats, souligne l’étude.

Peu de victimes (42%) portent plainte à la suite de l’escroquerie, souvent parce que les montants volés ne dépassent pas 300 euros et le sont parfois en plusieurs opérations. Mais aussi parce qu’il n’est pas toujours obligatoire de porter plainte pour être remboursé par sa banque.

Selon l’étude, près de 80% des personnes lésées ont finalement récupéré leur argent.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)