CD contre vinyls : vinyls perdants

Afin de prouver d’une manière un peu plus rigoureuse que les ressentis subjectifs des idiophiles (les mêmes qui ne doivent pas avoir de problème avec la cartomancie, l’astrologie et la géobiologie), j’ai donc réussi à emprunter à ma médiathèque communautaire un album sous son édition CD de 1987 et son édition vinyle presque originale de 1978 et enfin une ré-édition vinyle de 2022. Il s’agit du vrai dernier album des Beatles "Abbey Road" paru en septembre 1969. (l’album "Let it Be" étant la bande originale du film documentaire du même nom et qui retrace l’ambiance de la conception de l’album "Abbey Road"). Notons qu’en 1969 que George Martin le producteur avait mis en oeuvre les meilleurs moyens techniques de l’époque avec magnétophone de studio 8 pistes et console de mixage entièrement transistorisée. On part sur un master analogique de très haute qualité.

Nous allons faire la comparaison avec 5 procédés :

  • Copie digitale directes du CD édition 1987
  • Copie digitale directes du CD édition remastering 2009
  • Copie du CD de 2009 avec transit analogique et digitalisation
  • Copie du vinyl de 1978 et digitalisation
  • Copie du vinyl de 2022 et digitalisation

La copie digitale directe se fait avec Esay CD extractor. La copie du CD avec transit analogique se fait avec un lecteur CD de salon Sony CD CDP-190 de 1988, ampli-tuner Kenwood KR4200 et un camescope Canon Legria HF-G30 avec l’entrée audio externe activée en mode line. Les copies des vinyls se font avec une platine Sanyo des années 1970 à transmission par courroie munie d’une cellule Shure SC-35C, l’ampli-tuner Kenwood KR4200 et le camescope Canon.

Si l’écoute comparative entre copie digitale et copie analogique du CD ne montre pas de détérioration audible hormis l’apparition d’un léger souffle dans les silences complets. Les deux extractions CD sont identiques à l’écoute, ce qui est confirmé par la visualisation graphique temporelle. L’analyse spectrale réalisée avec l’antique logiciel Cool Editor version 2000 révèle une infime extension au delà de 20200 Hz sur le remastering de 2009, ce qui n’a absolument aucun impact à l’écoute !

Concernant les vinyls, on est consterné par les craquements et le bruit de fond. Cela se pourrait à la rigueur se comprendre sur l’édition de 1978, mais le vinyl de 2022 pourtant neuf qui craque. Bref !

L’écoute révèle aussi un son plus étouffé dans les aigües, sensation confirmée par l’étude des empreintes spectrales. Concernant la coupure à 19 kHz, elle est due aux circuits de conversion analogique-digital du camescope qui coupe raide à 19 kHz malgré une fréquence d’échantillonnage de 48kHz. Je rappelle, que seuls les enfants en bas-âge (moins de 5 ans) peuvent entendre jusqu’à 20 kHz (j’ai procédé à des tests avec des enfants de 4, 9 et 12 ans).

Est joint avec cet article, 5 extraits au format sans perte FLAC (on ne pourra pas accuser la compression de type mp3 ou AAC), les empreintes spectrales des différents enregistrements et une analyse temporelle très détaillée des deux digitalisation sur CD.

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