Le racket des parkings d’hôpitaux

Effectivement, ces dérapages sont inacceptables. Reste le dilemme que ces parkings sont souvent dans des zones urbaines où il y a des tensions sur les stationnent. Nombre de personnes n’auraient aucun scrupules à stationner sur le parking de l’hôpital pour aller faire leurs courses dans les commerces voisins.
Reste que rendre le parking payant dans des zones isolées comme à l’hôpital d’Orsay*, cela reste du foutage de gueule et surtout du racket auquel il convient de mettre un terme.
(*) En attendant l’ouverture lointaine de la ligne de métro 18, il est actuellement seulement desservi par un bus au quart d’heure en heure de pointe et l’hôpital est assez éloigné de la gare de Massy-Palaiseau.
La gratuité des parkings d’hôpitaux arrive à l’Assemblée avec de bonnes chances d’être votée Par Clément Gros 26/09/2025
Une loi sur la gratuité des parkings d’hôpitaux pourrait être votée à l’Assemblée nationale
Malgré quelques différences, LFI, PS et RN convergent pour rendre gratuits les parkings des établissements de santé publics, largement privatisés ces dernières années.
Imaginez : votre proche est hospitalisé en urgence, vous vous précipitez à l’hôpital et découvrez qu’il vous faut payer 62 euros pour stationner 24 heures. Cette réalité, vécue au CHU de Nantes, illustre un phénomène qui s’est généralisé en France : la marchandisation des parkings des établissements de santé publics. En quelques années, les parkings gratuits des hôpitaux ont massivement disparu et seuls un quart d’entre eux demeurent en libre accès.
Dans ce contexte trois groupes parlementaires aux sensibilités politiques différentes voire opposées convergent vers un même objectif : rendre de nouveau gratuits ces fameux parkings. Chacun des groupes a déposé une proposition de loi : les 71 députés LFI menés par Pierre-Yves Cadalen, les 66 députés socialistes conduits par Stéphane Hablot, et les 123 députés du Rassemblement National emmenés par Thierry Frappé et Marine Le Pen. En tout, 260 députés issus de ces trois groupes (45% de l’Assemblée nationale) sont en théorie d’accord. Passer la publicité Une même indignation, des approches différentes
Mais il y a de petites différences d’approche. La proposition (n°1729) de La France Insoumise adopte une approche maximaliste. Elle dénonce une « privatisation rapide » du stationnement hospitalier - seul un quart des parkings d’hôpitaux publics demeurent gratuits - et fustige des tarifs « prohibitifs ». Pour LFI, ces frais constituent un « frein supplémentaire à l’accès aux soins » qui viole l’article L. 1110-3 du code de la santé publique interdisant toute discrimination dans l’accès aux soins. La proposition prévoit une gratuité totale sans condition et impose la résiliation dans les trois ans de tous les contrats de concession existants.
Plus nuancée, la proposition n°1794 du Parti Socialiste, propose une approche graduée. Elle instaure une gratuité totale pour les patients pendant leurs soins et pour le personnel hospitalier, mais limite à deux heures gratuites par jour le stationnement des visiteurs. Au-delà de cette durée, les socialistes proposent un plafonnement strict : 15 euros maximum par jour et 100 euros par mois. Un système de bonus-malus accompagne cette mesure, permettant aux hôpitaux respectant ces règles de percevoir un financement complémentaire, tandis que ceux qui maintiennent des tarifs élevés voient leurs dotations réduites.
Le Rassemblement National, avec la proposition n°1826 présentée par Thierry Frappé et Marine Le Pen, adopte une approche frontale contre la privatisation. Leur diagnostic est sans appel : « Les patients ou les visiteurs qui, par leurs impôts directs ou indirects, financent l’hôpital public doivent donc contribuer une seconde fois. » Elle impose, comme LFI que « tout établissement public de santé dispose d’un parc de stationnement gratuit » et interdit formellement toute délégation de service public pour la gestion des parkings. Le gouvernement démissionnaire s’était montré favorable à un « aménagement »
Du côté du gouvernement démissionnaire, Yannick Neuder, ministre démissionnaire délégué chargé de la Santé, avait fait une promesse publique remarquée le 12 février 2025 devant l’Assemblée nationale. Interpellé par le député socialiste Stéphane Hablot sur le « scandale des stationnements payants dans les hôpitaux », le ministre s’était engagé personnellement sur cette question.
« Cela fait partie de l’accompagnement et de l’humanité que nous devons remettre dans nos politiques publiques », avait déclaré Neuder en promettant d’intervenir lors de la prochaine conférence des directeurs généraux de CHU. Il souhaitait « que dans certaines conditions, sur des maladies longues, il y ait une prise en charge de cette nécessité d’avoir les proches au chevet des patients ».
Ne pas oublier l’incertitude engendrée par la situation politique
Cependant, l’instabilité politique chronique que traverse la France depuis 2024 constitue un frein majeur à l’aboutissement rapide de ces propositions. Dans ce contexte d’instabilité, les délais normaux d’examen des propositions de loi s’allongent considérablement.
Les 260 députés mobilisés sur cette question représentent certes une force significative, mais l’incertitude demeure également sur leur volonté d’élaborer un texte de compromis en commission des affaires sociales, où est renvoyée chacune de ces propositions.
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