Coulons les photographes

MàJ du 29 novembre 2015 Je suis tombé par hasard sur ces quatre planches de BD du dessinateur Franck Margerin qui fait de la retape pour les Photomaton. Cette pub est un tissu de mensonges. Comparer une cabine pourrie avec une cabine récente Photomaton est escroquerie intégrale :

  • Parce que la cabine pourrie n’est qu’une cabine Photomaton d’ancienne génération (flashes qui crèvent les yeux, photos collantes et dégoutantes, et mal prises),
  • Parce que les cabines récentes, ce n’est pas beaucoup mieux et ça coûte une fortune.

Photomaton (groupe PhotoMe) a le monopole de la photo d’identité depuis la nuit des temps et ceci à des prix exorbitants. Sentant son monopole menacé, elle a acheté par un intense lobbying les parlementaires pour interdire le recueil de photo d’identité par les administrations.


Les photographes de ville ne servent plus à rien mais ont réussi à préserver certains privilèges. Pourquoi et comment ?

Depuis le début des années 2000, les appareils photo numériques ont réalisé un percée telle que désormais, il n’existe plus du tout de marché pour le film argentique. Le coût de prise de vue est dérisoire qui est à rapprocher avec le coût d’un carte mémoire capable pour quelques euros de stocker des milliers de photos. Quant aux tirages, c’est par internet que ça passe, un exemple avec le fournisseur photoweb qui pratique un bon travail a un prix très abordable.

Les photographes de quartier n’ont plus rien à proposer à leurs client. Les photos des célébrations de mariage se font désormais par les proches, seul subsiste la traditionnelle photo de classe qui se retrouvera numérisée sur le site internet Copains d’avant.

Les photographes plutôt que de se remettre en question voire de changer de métier, ont trouvé un appui de taille auprès du groupe PhotoMe propriétaire de la marque Photomaton. Ils ont même créé un site internet sauvonslesphotographes.fr. Car les cabines Photomaton sont aussi bien mal point. En effet, la prestation est fort chère pour un produit souvent approximatif.

La photo d’identité : un juteux business au monopole légalisé

Grâce à un lobbying important (lobbying est un terme plus neutre pour désigner la corruption), les photos d’identité doivent non seulement être standardisée à un format particulièrement contraignant mais désormais, les mairies ont interdiction formelle d’utiliser le dispositif de prise de vue qui est pourtant parfaitement opérationnel et étudié pour le recueil de photos d’identité notamment pour établir les passeports.

Rappelons la tarification :

  • photographe professionnel : 16 euros
  • cabine Photomaton (groupe PhotoMe) : 5 euros
  • tirage perso sur point d’impression libre service PhotoMe 0,25 euro

Y-a-t-il moyen de contourner la cabine pourrie Photomaton ou le photographe goulu ? Le réponse est oui mais cela relève du parcours du combattant. Les fonctionnaires municipaux zélés auront tôt fait de reconnaître les photos artisanales. Quelques conseils au préalable :

  • format 30x40 à respecter
  • ovale du visage 30 mm de haut
  • pas d’ombre sur les cotés (multiflash ou extérieur et temps couvert)
  • pas de cheveux sur les sourcils (attachés en arrière)
  • fond gris neutre ou clair (une tôle d’un vieux PC fait parfaitement l’affaire)

Pour réaliser une série de photos, il faut partir d’un fond blanc de 1000 pixels de large sur 1500 de haut. De là, vous placerez vos 6 photos d’identité préalablement retaillées et redimensionnées en 300x400. Pensez que l’ovale du visage doit faire 300 pixels de haut. Vous pouvez placer 3 jeux de 2 photos. Une planche à 0,25 euro pouvant servir pour trois membres de la famille.

Même si vous vous faîtes refouler deux fois de suite pour être enfin accepté à la troisième tentative comme ce fut mon cas, vous aurez la récompense d’avoir fait la nique au lobby des photographes et d’avoir versé un maximum de 0,75 euro dans l’escarcelle de PhotoMe soit une économie dans mon cas de plus de 47 euros !