Quand le P2P profite aux musiciens

Je connais le groupe Iron Maiden le début des années 80. Le hard rock, n’était pas spécialement ma tasse de thé. Quand je voyais certains de mes camarades avec leur t-shirt noir avec leurs zombis couleur fluo, la thématique semblait bien loin des balades à petites fleu-fleurs des variétés de l’époque.

Quoiqu’il en soit les musicos d’Iron Maiden après plusieurs décennies de carrière doivent être blindés de thune. Mais, au lieu de roupiller sur leurs rentes, ils sont restés des business men avertis.

En effet, plutôt de déblatérer sur les internautes qui s’échangent de la musique à travers le P2P, Iron Maiden a préféré optimiser sa tournée et organiser des concerts là où ça télécharge le plus. Et l’idée a porté ses fruits.

L’industrie du divertissement (studios, majors, jeux) persiste à traiter les clients-internautes comme des malfrats avec des lois, des traités, et des organismes utilisant les ressources de la puissance publique pour leurs propres intérêts privés (Cf HADOPI). Inadmissible renversement des rôles, de la part de ceux qui n’ont jamais eu à s’expliquer sur l’entente des prix, sur la fixation de leur montant et sur la méthode de répartition des sommes collectées au titre des droits d’auteurs et droits voisins.

Mise à jour du 31 décembre 2013

Trop intelligent pour être vrai. La rumeur reprise par toute la presse s’avère être fausse. Ce qui en dit long sur la qualité et le sérieux de l’information dont même France Télévision s’en est fait l’écho. On se demande donc à quoi sert l’argent de la redevance TV.


http://www.francetvinfo.fr/culture/...[article]]

La technique du groupe de rock Iron Maiden pour gagner de l’argent grâce au piratage Le groupe de heavy metal propose des concerts dans les villes où ses albums sont les plus téléchargés illégalement. Une stratégie payante.

Par Tatiana Lissitzky

Mis à jour le 26/12/2013 | 19:57 , publié le 26/12/2013 | 16:50

Le piratage peut aussi rapporter gros aux artistes. C’est en tout cas le pari du groupe de hard rock Iron Maiden, qui organise sa tournée en fonction des villes où ses morceaux sont le plus téléchargés illégalement. Une stratégie lucrative, car ceux qui téléchargent illégalement sont, à en croire certaines études, davantage prêts à payer pour aller voir les artistes en concert ou acheter des produits dérivés.

Le site Cite World rapporte que le groupe s’est appuyé sur les informations fournies par MusicMetric, une application spécialisée dans les données musicales, pour établir des relevés d’achats légaux, mais aussi des partages de fichiers P2P et des discussions relatives au groupe sur les réseaux sociaux. En croisant ces données, les musiciens ont pu organiser leur tournée dans les villes où ils sont les plus populaires. Mieux cibler son public

Alors que l’industrie du disque cherche toujours la parade au téléchargement illégal, la stratégie innovante du groupe prouve que si les nouvelles technologies facilitent le piratage des œuvres, elles sont aussi un moyen de mieux cibler le public.

Les données de MusicMetric ont ainsi permis à Iron Maiden de confirmer, même après 30 ans, son succès en Europe et aux Etats-Unis. Mais le groupe a aussi pu constater son immense popularité en Amérique du Sud. Le Brésil, le Venezuela, le Mexique, la Colombie et le Chili sont parmi les 10 pays qui tweetent le plus sur le groupe. Et c’est au Brésil que les titres du groupe sont les plus téléchargés illégalement.

Plutôt que de faire appel à des avocats, le groupe a donc choisi de mettre l’accent sur les visites en Amérique du Sud. En septembre, il s’est rendu pour la première fois au Paraguay et a participé à un festival au Brésil. Une stratégie extrêmement lucrative puisque le concert de Sao Paulo, le 20 septembre 2013, a engrangé à lui seul près de 2,58 millions de dollars. Les pirates dépensent plus

Plusieurs études ont déjà tenté de démontrer que les utilisateurs des réseaux P2P achètent plus que ceux qui ne piratent pas. Ils dépenseraient ainsi, dans l’industrie du disque, en moyenne 30% de plus (en anglais) que les non pirates. Et parmi les achats qu’ils effectuent, on trouve notamment des billets de concert, des tee-shirts et autres produits dérivés.

L’utilisation de nouveaux outils afin de s’adapter au téléchargement illégal pourrait permettre d’atténuer la perte de vitesse des ventes de disques. "Si vous vous engagez auprès des fans, vous aurez une chance de les transformer en clients qui paieront pour vos produits. Les artistes qui mettent leur titre en téléchargement libre ont adopté cette stratégie", assure Gregory Mead, président de MusicMetric, interrogé par Cite World.


Non, Iron Maiden n’a pas utilisé de données de piratage pour faire sa tournée Par Jean-Laurent Cassely | publié le 30/12/2013 à 16h05, mis à jour le 30/12/2013 à 16h13 http://www.slate.fr/life/81721/iron-maiden-pas-utilise-donnees-piratage-tournee

L’histoire était trop belle pour être vraie. Le 20 décembre, le blog CiteWorld publiait un article sur la manière dont le groupe Iron Maiden avait transformé les fans qui téléchargeaient ses oeuvres illégalement en fans qui allaient à ses concerts. Et nous avions nous-même repris l’histoire, nous laissant attraper par ce récit un peu trop extraordinaire.

Selon l’article, le groupe avait fait appel à la société d’analyse de données sur le web Musicmetric. Après avoir analysé la localisation géographique des ordinateurs des pirates qui téléchargeaint ses oeuvres complètes sur le site Bit Torrent, Iron Maiden aurait intensifié ces dernières années ses tournées sud-américaines, où il pouvait compter sur une énorme fan base.

Or comme le note le site Tech Crunch, « c’est une super histoire. Trop bonne, évidemment, pour être vraie ». Le dirigeant de la société Musicmetric a depuis fait savoir qu’il n’avait jamais dit ni sous-entendu qu’il travaillait pour Iron Maiden directement. Le site à l’origine de la rumeur, CiteWorld, a lui précisé entretemps qu’il ne pouvait confirmer « si le groupe avait vu ou utilisé » les données citées.

La méprise vient du fait que dans un article du Guardian du 29 novembre sur la holding qui gère les intérêts du groupe, Iron Maiden LLP, le dirigeant de Musicmetric évoquait effectivement des données sur les fans du groupe à partir des téléchargements sur Bit Torrent. Sans qu’il soit question d’un contrat liant les deux protagonistes. La société Musicmetric a bien réalisé une sorte de cartographie des données liées au groupe Iron Maiden, mais son rapport était un regard rétrospectif sur la progression de la holding, classée par le London Stock Exchange parmi les 1.000 entreprises « qui inspirent la Grande Bretagne » [PDF].

La fausse histoire d’Iron Maiden et du Big data a obéi au schéma habituel de propagation du hoax. Ce dernier a d’abord été repris sur des sites de niche, avant d’atteindre une audience massive en étant évoqué par des sites prestigieux comme Rolling Stone et Billboard. Si le premier a rajouté une brève mise à jour depuis, le second a tout simplement supprimé son article. Et donc aussi Slate.

The Verge, autre site à s’être fait prendre et qui a depuis enrichi son article d’origine de trois mises à jour, précise quant à lui qu’« Iron Maiden a tourné à travers le monde et s’est arrêté en Amérique du Sud depuis des décennies, et [qu’] il n’y a pas d’indication selon laquelle le groupe utilisera le trafic de BitTorrent pour déterminer le parcours de ses futures tournées ».