les n° surtaxés : 20minutes.fr 11 février 2005

La multiplication des appels payants Vendredi 11 février 2005

Plus de 80 000 numéros spéciaux sont en service, selon les derniers chiffres publiés par l’Autorité de régulation des télécommunications. Parmi eux les numéros verts, gratuits, stagnent. Et les numéros payants se multiplient.

Depuis longtemps, les entreprises de vente par correspondance et les fournisseurs d’accès à Internet utilisent très souvent des appels à 0,34 E la minute. Les émissions de télé-réalité en font autant, et se financent ainsi. De même, les banques se convertissent : par exemple à la BNP, pour parler à un conseiller, il faut composer un numéro à 0,12 e/min, l’agence fût-elle au coin de la rue. Les services publics succombent également à cette mode. Pour la réforme de l’assurance-maladie ou celle des retraites, les citoyens pouvaient obtenir des renseignements facturés, eux aussi, 0,12 e/min


Numéros surtaxés : comment limiter les frais Vendredi 11 février 2005

Pas facile de s’y retrouver dans la jungle des numéros commençant par 08. Pourtant, mieux vaut bien les connaître, si l’on veut éviter de faire exploser sa facture de téléphone. Premier conseil : lisez bien les publicités, surtout les petits caractères. Lorsqu’un numéro surtaxé est mentionné, le tarif doit apparaître. C’est la loi.

Il est bon de connaître le principe de tarification : à quelques exceptions près, plus le chiffre qui suit le 08 est élevé, plus le numéro est cher. Les numéros gratuits commencent par 0800 et 0805. Les 0810 et 0811 sont facturés au prix d’un appel local. Ensuite cela se corse. Un point de comparaison parlant : le prix d’un numéro en 0820 (souvent 0,12 E/min) est déjà bien supérieur à celui d’un appel à l’autre bout de la France ! Les plus chers sont les numéros Audiotel dans la tranche des 0890. Ils culminent avec les très onéreux 0899 : 1,35 E l’appel plus 0,34 E/min.

Attention, ces tarifs sont valables uniquement à partir d’un poste fixe. Evitez d’appeler ces services depuis votre mobile : la facture sera encore plus salée. Même l’appel vers un numéro vert est payant chez Orange, SFR et Bouygues.

Dernier piège : les numéros courts, apparus récemment. Ce sont des numéros à quatre chiffres commençant par 32 ou 36. Beaucoup de consommateurs ignorent qu’il s’agit aussi de numéros surtaxés. Difficulté supplémentaire : il n’existe pas de palier tarifaire permettant de connaître à l’avance leur coût. L’Autorité de régulation des télécommunications (ART) vient d’engager une consultation pour améliorer la lisibilité tarifaire de tous les numéros surtaxés. Ce ne sera pas du luxe.

A savoir : 4,1 milliards C’est le nombre de minutes, sur un an, que les Français passent à appeler les numéros payants commençant par 08.


« C’est une source de profit anormale » Vendredi 11 février 2005

Les numéros surtaxés sont de plus en plus nombreux, déplore Jean-Claude Talarmain, vice-président de la fédération nationale Familles rurales. Leur complexité pose problème. Il faut savoir qu’un reversement, plus ou moins important, est fait à la société qui utilise le numéro de téléphone. Sur ce point, il y a très peu d’informations pour le consommateur. Ainsi, certaines entreprises mettent en place des services de réclamation. En soi, c’est une bonne initiative. Là où le bât blesse c’est que ce service n’est joignable que par un numéro en 08, donc payant. Le consommateur ne s’en rend pas toujours compte : il est plus préoccupé par son problème que par le numéro de téléphone qu’il compose. Il est absolument anormal que ces numéros puissent être une source de profit. Cela devrait être un service. La ligne téléphonique est un intermédiaire, comme le courrier : elle ne doit pas être utilisée pour faire des bénéfices. Autre aspect choquant : on voit des publicités qui s’adressent aux enfants et renvoient à des numéros facturés au prix fort. C’est scandaleux car les enfants ne sont pas capables de s’informer comme les adultes.